Comment pratiquer l’apiculture de loisir ?

L’apiculture de loisir consiste à garder chez soi, dans son jardin ou sur son balcon une ou plusieurs ruches. Il est alors possible de profiter du miel produit par ses colonies d’abeilles. Mais aussi de pratiquer en famille et avec des amis une activité ludique qui nous rapproche de la nature et contribue à protéger des insectes en voie de disparition. Mais débuter en apiculture demande de solides bases en biologie et une parfaite connaissance de la réglementation en vigueur en France. Il faut être capable d’intervenir sur ses ruches en toute sécurité et surveiller l’état de santé de ces hyménoptères préférés, les abeilles mellifères.

Cet article se propose de vous présenter le BA-B-A de l’apiculture de loisir. Et vous aidera à mieux réfléchir à votre projet apicole. Nous vous souhaitons bonne lecture.

Qu’est ce que l’apiculture

L’apiculture est un ensemble de pratiques qui permettent de garder des abeilles dans des ruches et de profiter de leurs productions, plus particulièrement de leur miel. Il n’existe pas un seul type d’apiculture, mais de nombreuses tendances. Les variantes sont fonction des régions, mais aussi des valeurs et motivations de chaque apiculteurs. On dit souvent qu’il existe autant d’apiculture qu’il n’existe d’apiculteurs.

Les apiculteurs professionnels – qui vivent de la vente du miel – exploitent plusieurs centaines de ruches et abordent généralement l’apiculture comme un élevage intensif. Leurs ruches sont standardisées et appartiennent aux modèles Dadant ou Langstroth. Bien entendu, il existe des apiculteurs bio et beaucoup se spécialisent dans des miels particuliers – miel de montagne, miel de maquis, miel de châtaignier – ou d’autres produits moins connus comme la propolis ou le pollen.

A t-on le droit de placer des ruches dans son jardin ou sur son balcon ?

En France, il faut déclarer son activité dès la première ruche, même si l’on ne compte pas faire commerce de son miel. Cette formalité a pour but de connaître le nombre d’apiculteurs dans chaque commune et de mettre en place des actions de surveillance et de lutte contre les maladies des abeilles. La déclaration du nombre des ruches se fait en ligne du mois de septembre au mois de décembre. Pour en savoir davantage sur cette obligation, consultez la page suivante : https://agriculture.gouv.fr/la-declaration-de-ruches-du-1er-septembre-au-31-decembre

La réglementation française est favorable à la pratique de l’apiculture de loisir. Cette réglementation repose sur le Code Rural et sur des arrêtés préfectoraux ou communaux. Ainsi les distances de sécurité – qui doivent séparer les ruches des propriétés voisines et de la voie publique – vont changer d’un département à un autre. Ou peuvent être spécifiques à une commune. Il convient de consulter votre mairie pour en savoir plus à ce sujet.

Si les distances de sécurité vous interdisent d’installer des ruches dans votre jardin ou sur votre balcon – parce que vous vous trouvez à proximité d’une école, d’un hôpital ou d’une caserne – le Code Ruralvous vient en aide. En effet, il est précisé que les distances minimales ne s’appliquent plus, dès lors que les ruches sont séparées des propriétés voisines par une surface pleine de 2 mètres de hauteur. Une haie d’arbustes persistants, un mur ou une palissade peuvent ainsi isoler votre rucher et vous permettre d’installer vos ruches pratiquement n’importe où. Saviez-vous que Paris compte 2000 ruches déclarées ? Beaucoup se trouvent sur les toits des immeubles. Le rucher du Jardin du Luxembourg prouve qu’il est possible de pratiquer l’apiculture urbaine.

Bien entendu, l’apiculture se pratique plus facilement si vous vous trouvez en zone pavillonnaire ou si vous disposez d’un jardin plus grand. Dans ces zones les abeilles trouvent aussi plus de fleurs et peuvent produire plus de miel. Et si leur récolte est bonne, vous pourrez en prendre quelques kilogrammes par ruche et en tartiner vos petits pains. Mais faites attention de leur en laisser suffisamment, pour qu’elles passent l’hiver sans souffrir de la famine. Car les abeilles ne supportent pas le manque de sucre.

Pourquoi élever des abeilles dans son jardin ?

Il n’y a pas qu’une seule bonne raison de pratiquer l’apiculture. Mais nous allons argumenter sur les principales motivations qui poussent des milliers de français à débuter chaque année l’apiculture de loisir.

L’apiculture nous rapproche de la nature

Les abeilles sont des insectes à la fois domestiques et sauvages. Elles acceptent de vivre dans des abris que nous mettons à leur disposition, les ruches. Elles peuvent aussi être sélectionnées pour leur caractère et certaines colonies sont plus douces que d’autres. On peut ainsi élever plusieurs sous-espèces ou races d’abeilles, comme l’abeille Buckfast (l’une des plus appréciées des apiculteurs débutants), l’abeille italienne, l’abeille du Caucase ou l’abeille noire.

Mais les abeilles sont aussi des insectes sauvages que des milliers d’années d’apiculture n’ont pas beaucoup changés de leur forme ancestrale. Ainsi, on retrouve dans une ruche trois types d’individus ou castes :

  • Les ouvrières,
  • Les faux-bourdons
  • Et une unique reine.

Les ouvrières sont les plus nombreuses dans la colonie. À la fin du printemps, on peut en compter plus de 60 000 par ruche. Elles assurent toutes les tâches d’entretien, d’élevage des larves et de collecte du pollen, du nectar et de l’eau. Elles sont aussi magasinières et élaborent le miel à partir du nectar ou gardiennes. Leurs occupations dépendent de leur âge. Les plus jeunes restent dans la ruche. Et les plus anciennes volent de fleurs en fleurs pour rapporter la nourriture à leur semblables. Une butineuse dans sa vie va ainsi parcourir plus de 800 kilomètres.

Les faux-bourdons sont les mâles. On ne les retrouve qu’à la fin du printemps et en été. Leur principale fonction est d’assurer la fécondation des reines vierges. Et l’accouplement est mortel pour eux. Des études ont prouvé qu’ils jouaient d’autres rôles dans une ruche. Ils participent à la ventilation des rayons de cire et du couvain (terme qui désigne les œufs et les larves des abeilles) lorsqu’il fait trop chaud.

La reine est l’unique individu capable de pondre dans la colonie. Au printemps, une reine peut pondre plus de 1500 œufs. Elle ne s’occupe de rien d’autre, sauf de maintenir une cohésion entre tous les individus de la colonie, grâce à la production de molécules attractives, les phéromones. Contrairement aux ouvrières qui ne vivent que quelques semaines ou mois, une reine peut vivre cinq années et parfois plus.

L’observation de cet ensemble coordonné qu’est la colonie garantit d’apprendre énormément sur les abeilles et sur la nature en général. L’apiculture est une pratique qui permet de sensibiliser les enfants, mais aussi les adultes, sur l’environnement et l’importance de le protéger.

Une ruche est un micro-monde qui nous rapproche de la nature et nous reconnecte aux saisons. Les abeilles essaiment au printemps et dès l’été commencent à constituer des réserves pour l’hivernage. Elles passent l’hiver dans leur nid et se tiennent chaud. Suivre le développement d’une colonie d’un mois sur l’autre permet d’en apprendre davantage sur les saisons.

Les abeilles sont en voie de disparition

Les abeilles sont en voie de disparition. Les principales causes de leur raréfaction sont :

  • L’usage des pesticides en agriculture
  • La modification de la végétation naturelle
  • L’arrivée de parasites et de prédateurs

Pratiquer une apiculture responsable permet de contribuer à la préservation des abeilles mellifères. Des amateurs et des professionnels collaborent à la préservation d’une race d’abeilles françaises, l’abeille noire. Cet insecte que les scientifiques nomment Apis mellifera mellifera est gardé dans des conservatoires, comme sur l’île d’Ouessant en Bretagne.

Le meilleur miel du monde est celui de ses abeilles

Une ruche peut produire chaque année plusieurs kilogrammes de miel. Par le passé, il était possible de récolter jusqu’à 100 kilogrammes de miel. Ces valeurs sont des records, mais en règle générale les rendements sont à la baisse. Il faudra se contenter d’une vingtaine de kilogrammes par ruche et éviter d’en prélever trop. Sinon vos abeilles risquent de mourir de faim durant l’hiver.

Comment se former à l’apiculture ?

L’apiculture est accessible au plus grand nombre. L’équipement de base comprend deux ou trois ruches pour bien débuter, une combinaison intégrale afin de se protéger des piqûres et un enfumoir pour calmer vos abeilles durant vos visites. Mais il faut surtout savoir comment bien se comporter avec ses abeilles. Il est donc indispensable de se former, avant d’acquérir ses premières colonies d’abeilles.

Apprendre l’apiculture en ligne

L’apiculture est une pratique qui repose sur énormément de connaissances et de concepts théoriques. Par le passé, le savoir se transmettait seulement de maître apiculteur à élève, ou par les livres. Des centaines d’ouvrages ou des revues comme l’Abeille de France permettent d’accroître ses connaissances. Mais internet a révolutionné le paysage de la formation en proposant des cursus e-learning. Il est donc possible d’apprendre l’apiculture et l’apidologie en suivant une formation à distance.

Il existe plusieurs écoles qui proposent des cours en français. Mais certaines sont plus accessibles que d’autres. C’est le cas d’IDLWT qui propose une formation en apiculture par visioconférences. Des formateurs experts présentent en direct leurs cours à de petits groupes de néophytes. Il n’est donc plus nécessaire de se déplacer pour profiter d’un enseignement spécialisé. Pour en savoir davantage sur cette formation en ligne pour devenir apiculteur amateur, consultez le site internet https://apiculture.idlwt.com

Se former dans un rucher école

Bien entendu, il est nécessaire de passer par la pratique et d’apprendre les gestes comme l’allumage et le maniement de l’enfumoir, la manipulation des cadres qui soutiennent les rayons de cire, la recherche de la reine,… Il faut aussi se placer face aux abeilles pour savoir si l’on est capable de se maîtriser, entouré par des centaines d’abeilles agacées. Et comment réagir après une ou plusieurs piqûres. La baptême du venin !

Des cours pratiques ou des stages de quelques jours sont proposés par des ruchers écoles. Il en existe de nombreux en France, en Belgique, en Suisse et au Canada. Il est probable que l’un d’eux soit situé à proximité de chez vous. Recherchez leurs noms et leurs adresses sur un moteur de recherche. Mais ne tardez pas à vous inscrire à un de leurs stages. Car le nombre des places est souvent très limité et il est parfois nécessaire de s’inscrire une année à l’avance.

À l’issue de cet apprentissage des fondamentaux, l’apiculteur débutant sera assez confiant pour faire l’acquisition de ruches peuplées d’abeilles et choisir son style d’apiculture : naturelle, biodynamique, conventionnelle,…

L’apiculture est un loisir sérieux

Le monde des abeilles est fascinant. Et il est possible de se former à distance et dans des ruchers écoles avec d’excellents professeurs. Mais l’apiculture est une pratique qui demande de se responsabiliser vis-à-vis de son entourage et de tous les apiculteurs.

Les abeilles peuvent être dangereuses

Les abeilles sont munies d’un dard, lui-même relié à une poche qui contient du venin. Pour les personnes allergiques, la pratique de l’apiculture peut être risquée. Il faut donc s’assurer de son état de santé et de celui de son entourage, avant de prendre la décision de recevoir des ruches dans son jardin. Il faut aussi prévenir et rassurer ses voisins. Promettre d’offrir quelques pots de miel contente tout le monde

Les abeilles ont parfois de bons jours, mais aussi de moins bons. Une journée orageuse, trop venteuse ou trop fraîche n’est pas indiquée pour venir déranger vos hyménoptères. Si vous remarquez que leur comportement est inhabituel, il peut être préférable de ne pas insister et de reporter ce qui était prévu à un autre jour. Car une mauvaise manipulation peut vous causer plusieurs piqûres douloureuses, si vos abeilles se sentent menacées.

Rappelons que l’usage de l’enfumoir est nécessaire, même pour des colonies réputées douces. La fumée va calmer les abeilles. Il est très important de venir sur le rucher avec un enfumoir allumé et prêt à être utilisé. Pour tout savoir sur l’enfumoir et la magie qu’il opère, consultez l’article suivant : https://jeretiens.net/pourquoi-lapiculteur-utilise-t-il-un-enfumoir

Les parasites et prédateurs des abeilles

Les abeilles peuvent être victimes de plusieurs maladies. La plupart se déclarent lorsque les conditions d’élevage ne sont pas bonnes. Par exemple, il ne faut pas ouvrir ses ruches lorsqu’il fait trop froid. Sinon les larves peuvent prendre froid et en mourir. Et il faut s’assurer que toutes les ruches disposent de suffisamment de réserves, avant l’hivernage. Dans le cas contraire, il faut apporter à vos abeilles des rations sous forme de sirop ou de pain de sucre. Une colonie affaiblie ne se défendra pas efficacement des agents pathogènes et deviendra malade.

Mais deux problèmes majeurs concernent les abeilles en France et dans la plupart des régions d’Europe. Et les abeilles sont pratiquement impuissantes pour lutter sans l’aide de leurs apiculteurs.

Le premier problème majeur est le varroa. Il s’agit d’un minuscule acarien originaire d’Asie et qui cause une maladie grave aux abeilles, la varroose. Maladie parfois nommée varroase ou varroatose. L’apiculteur doit connaître les signes de cette infestation et savoir comment traiter ces acariens. Plusieurs traitements sont efficaces, mais il est nécessaire de savoir les utiliser correctement. Sinon, ils peuvent être dangereux pour les abeilles et pour celui qui les traite. Ces traitements doivent être effectués au moins une fois par an. Et plus souvent si nécessaire.

Le second problème majeur est le frelon asiatique. Arrivé de Chine en 2004, il a envahi en quelques années la plupart des départements de France. On le retrouve maintenant en Belgique, en Allemagne, en Suisse, en Italie, en Espagne et au Portugal. Rien ne semble arrêter sa progression en Europe. Ce frelon est un chasseur d’insectes et il s’attaque aux abeilles qu’il vient débusquer jusque dans leurs ruches. Le frelon asiatique est aussi un danger pour les personnes et chaque année des personnes sont tuées après s’être approchées trop près d’un nid. L’apiculteur doit comprendre la biologie du frelon asiatique et mettre en place des pièges efficaces pour réduire les dégâts causés sur les colonies d’abeilles.

On a toujours quelque chose à apprendre des abeilles

Quel que soit son niveau en apiculture, il y a toujours de nouvelles expériences à vivre et de nouvelles connaissances à acquérir. Et de nombreux apiculteurs expérimentés vous attendent dans les ruchers écoles et sur les formations à distance pour partager avec vous leur savoir.

Mais l’apiculture demande aussi suffisamment de temps pour être correctement menée. Il faut être disposé à visiter plusieurs fois par an l’intérieur de chaque colonie pour apporter ce dont les abeilles auront besoin. Sans quoi, les quelques colonies que l’on aura abandonnées dans son jardin ou sur le toit de son immeuble, tomberont malades et les ruches seront désertées.

Nous espérons que cet article vous aura convaincu de vous laisser dans l’aventure apicole.

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